HISTORIQUE SOCIO-POLITIQUE DU DEPARTEMENT DU POOL
Dieudonné Antoine-GangaPrésenté à la Première Convention de la Diaspora du Pool.
3 Mai 2008 Washington D.C. USA
HISTORIQUE SOCIOLOGIQUE:
1) De Kongo dia Ntotila au Pool
La Région du Pool qui tire son nom du Stanley Pool, cette grande étendue d’eau séparant les deux capitales les plus rapprochées du monde, Brazzaville et Kinshasa, est née administrativement en novembre 1910. A ce propos le Journal officiel de l’Afrique Equatoriale Française de novembre 1910 stipule : « Le territoire compris entre les limites au sud et à l’est du confluent de la Louna et de la Léfini, constitue la circonscription du Pool » qui connaîtra un contenu extrêmement varié allant tantôt des territoires extérieurs au périmètre urbain de Brazzaville, aux plateaux Batékés et de ces plateaux à la vallée du Niari.
L’actuel Pool qui existe depuis la naissance de la République du Congo le 28 novembre 1958 a été l’objet de plusieurs modifications. A ce jour, le Pool est le département limité au Nord par le département des Plateaux, à l’est par le fleuve Congo, au sud et à l’ouest par les Départements de la Bouenza et de la Lékoumou. Il se subdivise en 13 districts : Boko, Ignié, Kimba, Kindamba, Kinkala, Louingui, Loumo, Mayama, Mbanza-Ndounga, Mindouli, Ngabé, Ngoma-Tsé-Tsé et Vinza.
Il est actuellement peuplé d’une part, par les peuples Tékés, les « Ngantsiés » c’est-à-dire les autochtones, les anciens détenteurs de la terre, les véritables « maîtres » du sol et d’autre part, par les Balaris, les Bassoundis, les Bahangalas, les Badondos, les Bakambas, les Mikengués, et les Bakongos-Boko tous issus du peuple Kongo et les Babis (pygmées) qui vivent dans les pays de Mpangala.
Les Bakongos et les Batékés ont cohabité sans heurts. Devant la pacifique mais puissante poussée des Bakongos, les Batékés avaient préféré généralement se retirer vers la Léfini, région sablonneuse des Hauts plateaux trop austère pour les Bakongos, plutôt que de résister. Les terrains ainsi libérés sont aussitôt occupés par les Bakongos qui adoptent beaucoup de coutumes Téké pour se faire accepter. Les Bassoundis, par exemple, ont excellé dans cette transformation, allant jusqu’à se faire des tatouages au visage comme leurs hôtes. Les Bakongos auront beaucoup emprunté à la sagesse Téké dans l’art de palabrer. Les formules, en Téké, ont été reprises comme telles par les Bakongos qui les utilisent dans la conduite des affaires. Cette « tékéisation » est parfois stratégique, parfois superficielle.
Tenez! Mayama, chef d’un clan Kongo, imposera son nom à la province Téké nouvellement occupée par les Kongos. Plus loin, le clan Ndamba imposera le sien – Kindamba – au centre du grand royaume Téké. Plus au nord, ils iront fonder Mpangala, en mémoire de leur Mpangala d’origine, faubourg de Kongo dia Ntotila, la terre de Mabombolo ma Mpangala, le Mani Kambunga qui, bien que défait au cours de la guerre de conquête, suscitera la bravoure des Bakongos par la bravoure et sera élevé au rang de chef spirituel. Cependant, les échanges entre les deux communautés Bakongo et Téké, sont restés limités, toutes les deux cultivant leurs distinctions en ne s’ignorant pas, témoin de leur bilinguisme récent.
Le peuple Kongo serait d’origine berbère et viendrait du sud-est du Tchad qu’il aurait quitté vers le Vème siècle de notre ère. Après une lente migration à travers le Kassaï, qui dure plusieurs siècles, le peuple Kongo s’installe vers le XIVème siècle au sud du fleuve Kongo où il fonde un vaste empire, le Royaume du Kongo. S’étendant sur les deux rives du fleuve Congo entre le Kwango, affluent de la rive droite du Congo et l’Océan Atlantique. La capitale de ce royaume est San Salvador (Mbanza kongo) au nord de l’Actuel Angola.
Le royaume du Kongo est alors divisé en plusieurs provinces, correspondant aux différents sous-groupes ethniques formant les Kongos dont le clan des Sundi que l’on doit entendre comme couvrant les tribus actuelles Basundi, Balali, Bakongo, Bakamba, Babembé, Badondo, Bahaangala, Minkengué. Mais un lent processus de désagrégation atteindra le royaume dès le XVème siècle. Ce qui entraînera dès le XVIème siècle l’exode du clan Sundi vers le nord à partir du nord de l’Actuel Angola (Kongo dia Ntotila) vers la rive droite du fleuve Congo au pays des Batékés, le royaume d’Anziki. Les Batékés abandonneront leurs villages au fur et à mesure que les Bakongos arrivaient. Vers la fin du XVIème siècle, le royaume Batéké dont la capitale est Mbé au nord de Brazzaville se rétrécit.
2) Structures sociales traditionnelles chez les Bakongos :
L’unité sociale, la cellule de base chez les Kongos n’est pas la famille conjugale réduite aux époux et leurs enfants, comme cela semble être ces derniers temps. La pièce essentielle du système social reste le Kanda, c’est-à-dire le clan qui est « la collectivité de tous les descendants par filiation utérine, d’une aïeule commune, et qui portent le nom de cette collectivité. Il comprend tous les individus des deux sexes, les vivants et les morts ». Le chef du clan est le « Mfumu Kanda », véritable pontife entre les vivants et les morts du Kanda. En outre, il est dépositaire de la terre ; lui seul peut à ce titre concéder un droit d’usage sur la terre (plantation, construction de maison, enterrement des défunts) ; le « Mfumu Kanda » est enfin juge des différends entre les membres du clan.
Tous les clans regroupés se retrouvent dans des Mvilas que certains appellent tribus qui sont au nombre de douze : Kahunga, Kikuimba, Mbembé, Mpanzu, Ndamba, Ngandu, Nimbi, Nsembo, Nsundi, Yinda, Mvimba, Kinsunga
Le Luvila du clan est une chose sacro-sainte. Il n’est prononcé qu’avec respect et dans de rares circonstances :
- par exemple, quand on conclut un mariage, pour s’assurer que les deux personnes ne sont pas du même clan (car chez les Kongos qui par surcroît sont matrilinéaires, il existe une loi cardinale : l’exogamie qui défend toute relation sexuelle entre un homme et une femme, qui portent le même non clanique. Quel que soit le degré de parenté, ces relations constituent un inceste, crime le plus abominable avec la sorcellerie).
- quand on fait un serment solennel par les ancêtres ;
- quand une mère supplie son enfant de se conduire dignement.
Il faut aussi signaler que le mariage chez les Kongos a deux fonctions : conjugale et sociale. Et c’est cette dernière qui est l’élément dominant. Le mariage n’est pas seulement l’union des deux personnes ; il inaugure en même temps l’union de quatre familles : les familles maternelle et paternelle du jeune homme, et les deux familles homologues de la jeune fille. Ces familles vont s’aider, s’assister dans le bonheur comme dans le malheur ; elles vont former une plus grande famille. Mais les limites de cette famille agrandie, ne s’arrêtent pas là. Elles vont se perdre dans un autre cercle de parenté moins proche, pour faire un ensemble de huit familles : les familles du grand-père maternel et paternel de l’époux, ainsi que les familles correspondantes de l’épouse.
Cette « mégalofamilia » qui est une réalité vivante fait la cohésion de la société Kongo.
Enfin, le peuple Kongo a la particularité d’être monothéiste, comme le peuple Juif. Il croit en un Dieu unique, Nzambi a Mpungu, Dieu Tout – Puissant créateur de tout l’Univers visible et invisible.

L’actuel Pool qui existe depuis la naissance de la République du Congo le 28 novembre 1958 a été l’objet de plusieurs modifications. A ce jour il est limité au nord par le département des plateaux, à l’est par le fleuve Congo, au sud et à l’ouest par les départements de la Bouenza et de la Lékoumou. Il se subdivise en 13 districts : Boko, Ignée, Kimba, Kindamba, Kinkala, Louingui, Loumo, Mayama, Mbandza-Ndounga, Mindouli, Ngabe, Ngoma Tsé-Tsé et Vinza.
Il est actuellement peuplé d’une part, par les peuples Tékés, les « Ngantsiés » c'est-à-dire les autochtones, les anciens détenteurs de la terre, les véritables « Maîtres »du sol et d’autre part, par les Badondos, les Bahangalas, les Bakambas, les Bakongos-Boko, les Balaris, les Bassoundis, les Minkengués tous issus du peuple Kongo et les Babis (Pygmées) qui eux vivent dans les pays de Mpangala (en souvenir et en mémoire de Mpangala, faubourg de Kongo dia Ntotila, la terre de Mabombolo ma Mpangala).
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